Off Festigrunge 2006 25 mars 2006 Groupes:
Photo: Off Festi-Grunge mars 2006 Off Festi-Grunge Samedi 25 avril 2006. Des amis du grunge, impatients de se retrouver sous les étoiles à St-Jean-de-Martha pour une 6e édition de leur festival favoris, se sont donnés rendez-vous ce soir au bar L’Azile, downtown Joliette. L’organisateur de la soirée, notre Fred Généreux national, a souhaité mettre une fois de plus sous les feux de la rampe de jeunes talents du rock québécois en reproduisant l’ambiance chumy (pour le citer) de son Festi-Grunge estival dans une version hors-saison. Cette belle initiative de sa part a donc donné l’occasion à une poignée d’amateurs de musique de passer une excellente soirée. Lisez plutôt… C’est tout en douceur que la salle se remplit et se réchauffe lorsque débute la prestation du trio Botte de Suède. Le groupe (ainsi baptisé pour l’occasion, nous dit-on) est composé de deux solides musiciens du coin, Simon Rochon à la batterie et Christophe Guilbault à la basse, ainsi que du Suisse Jocelyn Gross au chant et à la guitare. Ce dernier, leader du feu-groupe Janus, qui s’était fait connaître sur la scène Launaudoise lors de la 4e édition du Festi-Gunge, est également l’auteur des textes et le compositeur de la musique. Notons ici l’aspect informel de l’événement on ne peut mieux illustré par l’arrivée tardive du bassiste du groupe! En effet, une mauvaise journée plus tard, après quelques bières et hésitations dans le fauteuil de son salon, Christophe avait enfin décidé de rejoindre les siens. « À quoi bon? s’était-il dit à lui-même en rassemblant finalement ses dernières énergies, puisqu’y a du rock à L’Azile? ». Et quel rock, n’a-t-on pu s’empêcher de penser en entendant sonner les premières notes de la pièce Suicide Station, une des perles enregistrées pour l’album du Festi-Grunge lancé en mai 2005. On ne peut en effet qu’accrocher à la force saccadée de la batterie de Simon et aux mélodies à la fois entraînantes et originales de la guitare et la voix de Jocelyn. Avec ses distorsions sonores et la rage que semblent exprimer ses musiciens, le groupe Botte de Suède nous offre une musique criarde et revendicatrice, dans la plus pure tradition du grunge, commente alors un de mes collaborateurs (Revendicatrice? lui-dis-je en tendant l’oreille pour arriver à saisir le sens des paroles de Jocelyn, les yeux clos, emporté par son art « Ben, c’est sûr qu’il chiale à faire du bruit de même! ») Il a vu juste : l’esprit du grunge a définitivement envahi L’Azile lorsque le premier groupe de la soirée nous interprète sa dernière pièce, Policinelle, également disponible sur la compilation du festival. Couplets doux, plaignards, refrains agressifs : une pensée nous vient pour Kurt et les siens… La surprise est donc totale pour le public lorsque les membres du groupe Give- Peace-a-chance, habitant Montréal mais natifs de Chicoutimi, entrent en scène. Basse acoustique, harmonica, slide-guitare, trémolos de la voix…c’est maintenant du blues qu’on lui offre! Et il s’en délecte, car le chanteur ouvrant le bal a l’énergie et la présence d’un vrai bluesman…ainsi que les cordes vocales qu’il faut pour chanter sans micro! Avec une série de grands succès tournant autour de ce genre musical, ses musiciens l’accompagnent donc dans un voyage dans le temps, celui où le bon vieux rock 1-4-5 faisait la loi (référence technique de mon amoureux musicien et s’adressant à ses semblables Les autres, comme moi, sautez ce bout là!). Et jusqu’au sympathique My generation, l’esprit y est. Malheureusement, par la suite, un je-ne-sais-quoi fait perdre au groupe Give-Peace-a-chance l’attention de son public. Mais qu’à cela ne tienne! Ses chaleureux et très-à-propos hippies membres ont tout à fait leur place au sein de ce public pour la suite de la soirée! Enfin, pour terminer en beauté le spectacle déjà bien amorcé, ce sont les membres de la formation Lanaudoise La Grandeur des Rois qui prennent la relève. On sent la foule conquise à l’avance par ce groupe de 12 ans d’âge ayant terminé premier au concours Cégep en Spectacle à Joliette, en 1996. Et bien entendu, Dominique Cornellier, leur légendaire et très, très souriant (!) auteur-compositeur-interprète, ne peut que capter l’attention. Ses déhanchements de samba sur fond de rock, on aime ou on déteste, mais on n’est certes pas indifférent! Mais c’est surtout la qualité des mélodies, l’arrangement grunge apporté à quelques unes des pièces (valant à lui seul le déplacement!), le talent des musiciens et la poésie engagée de l’auteur qui gagnent le coeur des amateurs de musique de la salle. Qui ne peuvent résister bien longtemps à l’envie de joindre leur « animateur » dans sa frénétique danse, d’ailleurs! Et quelle rigolade on leur offre en terminant cette soirée rock au son d’une pièce de Willy Lamothe! Au dire de ma conseillère country personnelle, « Petit Michel » Lamothe, devenu rockeur une fois adulte, a inspirés à son père cette chanson aujourd’hui célèbre. C’est donc à son avis un clin d’oeil aux racines country du rock et du grunge que se permettent les membres du groupe La Grandeur des Rois… Les fêtards-couchent-tard ayant décidé de prolonger leur veillée les dernière notes
du spectacle jouées m’ont probablement aperçue, calepin en main, tentant de tirer
quelques informations et anecdotes de la bouche des membres de La Grandeur des Rois.
Fiou! Mais quelle imagination débordante, quel esprit divergent! Toute une façon pour
moi de clore une soirée! Alors comme je déteste écrire des conclusions (rappeler les
idées principales et tout, non mais vous VENEZ de me lire!), celle de Dominique
Cornelier sera pour moi une façon de clore, cette fois, cette critique. « Oui, La Grandeur
des Rois, meilleur groupe des alentours (comprenant l’espace entre la Colombie-
Britannique à l’ouest et la Chine à l’est, évidemment), peut en tout cas prouver une
chose: il est bel et bien possible de faire du grunge en français, la plus belle langue au
monde.» Isa Laferrière, Phil Beaudoin et collaborateurs
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